mercredi 8 juillet
14h30 16h30
CAFÉ TANGO • « La distribution du pouvoir dans le tango » avec Christophe Apprill
Prix : GRATUIT
Du lundi 6 au samedi 11 juillet, le Café Tango vous accueille à l’espace de rencontre de la Libraire Ombres Blanches pour des rencontres passionnées et passionnantes autour du tango et sa culture, présentées par Serge Davy et Solange Bazely.
Profitez-en pour découvrir et acquérir des ouvrages sur le tango sur place, dont bien sûr ceux des autrices et auteurs présents qu’ils vous dédicaceront avec plaisir.
Ouverture des portes dès 14h chaque jour.
✦ « La distribution du pouvoir dans le tango »
Danse de couple, danses à deux, danses de parquet, danses sociales, danses de salon…, de multiples dénominations désignent les danses populaires pratiquées en bal. En tango, les partenaires de danse représentent une figure du couple en majesté, tout en affirmant la puissance de l’hétéronormativité. Les danseurs ont la vie belle à la milonga. Ils bénéficient des largesses du code patriarcal du bal, hérité de l’histoire des danses sociales en Europe depuis le début du XIXème siècle.
À la faveur des mutations qui touchent aux rapports entre les sexes et qui se traduisent notamment par la dénonciation des formes de violences sexuelles et sexistes, la dimension sociale au sein des danses de bal connaît une vigueur renouvelée. Le « guider-suivre », qui était déjà insatisfaisant en terme d’analyse du mouvement, est questionné au prisme du développement du tango queer et du double rôle. Quelle que soit leur orientation sexuelle, la place des partenaires est renégociée dans un contexte où la mixité genrée demeure quantitativement dominante.
Cette renégociation prend la forme d’une re-sémantisation (« leader-follower »). Lorsque cet anglicisme apparaît en tango dans les années 2000, il renvoie à la question des minorités sexuelles, à la stigmatisation dont elles sont l’objet dans les milieux réactionnaires, en raison de leur écart à la norme hétérosexuelle, mais aussi à la valorisation de la question des identités sexuelles comme constitutive d’une identité singulière, puissamment valorisée dans des sociétés consuméristes hyper individualistes.
Que signifie-t-il et quelles revendications soutient-il aujourd’hui ? Parvient-il à rompre la continuité entre la vie ordinaire (où s’exerce la domination masculine) et l’espace de relation du tango ? Dissocier le rôle et le genre permet-il d’éliminer les rôles constitutifs du tango ? Découpler le genre et l’orientation sexuelle, afin de tendre vers une désexualisation de la danse, conduit-il à suspendre les dominations ? Que devient dans ces conditions la circulation du désir, l’eros qui participe de l’ambiance de la milonga ?
Christophe Apprill, sociologue et danseur
C’est par la pratique des danses de bal que Christophe Apprill vient à la sociologie. D’abord formé au tango, il devient interprète en intégrant la compagnie de Catherine Berbessou. Transmetteur et chercheur, il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur les danses populaires. Dernières publications : "Slow. Désir et désillusion" (2021), "Les mondes du bal" (2018), "Les audaces du tango" (2012). Articles en ligne disponibles sur les Archives ouvertes. Il est également conférencier gesticulant (Le bal contre-attaque. Pour en finir avec La Danse !)
Métro Capitole (ligne A)



